Actualités

Partager sur :

Elèves-ingénieurs & Sportifs Haut-Niveau, un équilibre fragile pour Léo & Marine

27 juin 2022 Interface, Talents
Vue 358 fois

Bien que de nombreux progrès aient eu lieu ces dernières années, beaucoup de jeunes talents sportifs français arrêtent le sport de haut niveau parce qu’ils ne peuvent pas concilier parcours sportif & parcours scolaire. Pour répondre à ce défi, la notion de "double projet" a vu le jour dans notre Ecole. Elle se définit comme la recherche de l'excellence et la réussite du sportif. L'objectif est d'éviter les situations où les jeunes sportifs de haut niveau doivent choisir entre la poursuite de leur carrière sportive et leurs études.

 

Nous sommes Marine Mignon et Léo El Achkar, deux athlètes de haut-niveau insaliens, respectivement spécialisés en 200/400m et en 110m haies.

Depuis plusieurs années, nous nous entrainons, tous les jours, dans le but de nous améliorer, de nous perfectionner et d’atteindre nos objectifs.

 

Le sport de haut-niveau, c’est de la passion, évidemment ! 

Nous aimons aller à l’entrainement, nous aimons apprendre, nous aimons voir notre corps devenir plus fort et notre technique devenir plus juste. Nous aimons aussi la compétition et l’adrénaline que nous ressentons en attendant que le coup de feu nous libère des starting-blocks. Enfin, nous aimons courir après les émotions que nous procurent les victoires : la joie, la fierté, le sentiment d’accomplissement.

 

Mais le sport de haut niveau, ce n’est pas qu’un jeu, ce ne sont pas que des sourires.

C’est aussi de la sueur et des doutes, des échecs, des blessures et même parfois de la frustration et de la déception.

Léo El Achkar
Marine Mignon

Le sport de haut niveau, c’est un investissement sans faille et un mental à toutes épreuves.


C’est énormément de temps, de travail et de compromis. Et l’une des difficultés à laquelle nous – sportifs - sommes souvent confrontés, c’est de suivre notre cursus INSA en même temps. En effet, mener un double projet sport-études en France n’est pas chose facile. Heureusement, certaines écoles, comme l’INSA Lyon, nous offrent un accompagnement et cherchent à nous faciliter la tâche. En proposant, notamment, un aménagement de la scolarité et en ayant une certaine compréhension à l’égard de notre absentéisme contraint par nos pratiques sportives, l’Ecole nous aide dans la réalisation de notre défi, dans notre réalisation en tant que sportifs. Mais même dans ce genre d’institution, qui prône la réussite scolaire et sportive, nous nous rendons compte que la considération qui nous est accordée et la compréhension de ce qu’implique le sport de niveau n’est pas partagée par tout le monde ni à tous les niveaux. Ainsi, mener à bien un tel projet est une réelle aventure où, aux obstacles que rencontrent tous les sportifs, s’ajoutent ceux d’un cursus scolaire exigeant et d’un système globalement peu tourné vers l’encouragement des performances sportives.

Léo El Achkar

Mais ce défi c’est celui que nous avons choisi de relever, il y a cinq ans maintenant en devenant insalien, et que nous essayons, plus que jamais, de concrétiser.
Aujourd’hui nous avons 23 ans, nous sommes élèves-ingénieurs dans les départements GCU et GM de l’INSA de Lyon, et nous entamons, sportivement, nos années dans la catégorie sénior. Les prochains Jeux Olympiques de Paris représentent un rêve pour nous deux, comme pour la majorité des sportifs passionnés. Notre route est encore longue pour y arriver et de nombreux paliers doivent être franchis. Si nous voulons avoir une chance d’y participer, nous devons, d’ici 2024, nous faire une place parmi les meilleurs athlètes français de nos disciplines. Année après année, nous devons abaisser nos chronos de plusieurs dixièmes et nous devons nous enrichir d’un maximum d’expériences en compétitions internationales.

 

Tous les deux, nous avons déjà eu l’honneur d’être à multiples reprises sélectionnés en équipe de France jeune et notre objectif commun est à présent de porter le maillot national dans la cour des grands. En avant pour les JO 2024 !

Léo El Achkar
Marine Mignon

Pour espérer réaliser nos objectifs, nous nous sommes entourés au mieux. Marine travaille depuis des années avec son entraineur lyonnais et moi Léo, je m’entraine entre Lyon et le CREPS de Boulouris (83) où officie mon on entraineur de spécialité. Nous sommes également suivis par tout un staff médical et nous sommes en permanence à la recherche de partenaires et de sponsors pour nous accompagner dans notre grande aventure.

 

En somme, le sport de haut niveau c’est beaucoup de motivation et d’envie, de la détermination et du travail, de l’organisation et de la persévérance et évidemment, de l’accompagnement de qualité.

 
Et, dans le cadre d’un double projet dans une grande école comme l’INSA Lyon, c’est tout ceci multiplié par 2 ! Mais croyez-nous, les émotions que notre projet a le pouvoir de provoquer en valent la peine !

 

Marine & Léo

 

Article paru dans la revue Interface n° 144 – 2°trimestre 2022

 

La Section Sport Haut Niveau INSA Lyon

En 1981, l'INSA Lyon s'est vu confier, conjointement par les ministères de l'Education Nationale et de la Jeunesse et des Sports de l'époque, la gestion d'une Section Sport de Haut Niveau (SSHN).La SSHN a pour objectif de permettre à des jeunes sportifs de qualité inscrits sur les listes ministérielles, de mener de front la poursuite de leur carrière sportive et la préparation d'un diplôme d'ingénieur, grâce à l'aménagement de leur emploi du temps et l'allongement de leur cursus. Sachant qu’une carrière sportive s’achève en moyenne autour de 30 ans, il est judicieux d’anticiper «l’après» et d’assurer son avenir avec un diplôme. D’autant que les recruteurs reconnaissent la richesse d’un double parcours.


Aménagement du cursus scolaire

L’enseignement au 1er cycle est organisé sur 3 ans au lieu de 2.
Les cours se terminent le plus tôt possible l’après-midi pour permettre l’entrainement.
Les étudiants sportifs de Haut Niveau sont regroupés au sein d’un groupe indépendant quel que soit le type de cours (cours magistral, TD, TP).
Des aménagements sont possibles pour des cas très particuliers (préparation olympique, spécificité de la discipline sportive).
Au cours du second cycle, l’emploi du temps est personnalisé en fonction des contraintes sportives. L’aménagement prévoit de faire la 3e et 4e année sur trois ans au lieu de deux.
La gestion de la 5e année est traitée en fonction de l’évolution du projet sportif et du projet de carrière.
Report, anticipation d’examen si nécessaire et en fonction des contraintes sportives et cours de soutien, ainsi qu’un enseignement personnalisé des langues pour les sportifs de très haut niveau.




1
J'aime

Commentaires

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Connectez-vous.

Proposer une actualité