#REGARD

 

28 juin 2018

Au sommaire :

→ Former des ingénieurs créateurs de valeur

→ Le Projet de Loi Pacte : une opportunité ?

→ L’entreprise Humaniste pour quoi faire ?

 

#Former des ingénieurs créateurs de valeur


A l'heure où l'INSA Lyon engage une démarche de prospective horizon 2040, l'ambition ici est d'apporter quelques réflexions sur le rôle de l'ingénieur aujourd'hui et demain dans un contexte où la planète est en danger et où les technologies sont porteuses à la fois du meilleur et du pire, mais restent une des seules voies pour assurer un avenir meilleur aux 10 milliards d'humains qui peupleront une planète préservée. C'est aussi l'occasion de re-questionner un humanisme peut-être trop centré sur l'humain, et de redire que l'entreprise reste une aventure humaine qui en vaut la peine et qu'elle peut être réinventée dans une approche globale et durable.

 

Humanisme ?
Les académiciens définissent ainsi l'humanisme : "doctrine, attitude philosophique, mouvement de pensée qui prend l’homme pour fin et valeur suprême, qui vise à l’épanouissement de la personne humaine et au respect de sa dignité". Ce terme est tellement utilisé qu'il est devenu un mot valise avec toutes ses interprétations. Pourtant humanisme est synonyme de valeurs et c'est bien là l'essentiel. Ces valeurs doivent nous donner un cadre pour l'action et la construction du bien vivre ensemble. En conséquence, il s'agit de penser et d'agir maintenant pour la planète, avec toutes ses composantes biologiques et physiques, et de redéfinir et s'approprier les valeurs en fonction du contexte actuel et d'un futur désirable.

Que sera le monde dans 30 ans et plus ?
Aujourd'hui 7,5 milliards, les humains devraient être 10 milliards en 2050 dont 80% vivront en ville. Global Footprint, organisme qui produit des indicateurs concernant les ressources disponibles sur terre, annonce que dès le premier août 2018, nous aurons épuisé la totalité du disponible de l'année! Quel mode de vie allons-nous faire émerger et adopter pour répondre à ces défis ? L'ingénieur INSA du futur doit avoir l'ambition d'être un acteur clé pour imaginer, concevoir, développer les usages et les technologies associées qui permettront d'assurer un avenir durable.

L'entreprise, une aventure collective au bénéfice de ses parties prenantes
De tout temps, les humains ont dû collaborer, s'organiser et s'associer pour répondre aux besoins de communautés toujours plus grandes et maintenant planétaires. Qu'elles soient d’origine religieuse ou votées par des parlements, des règles de vie en commun sont nécessaires pour garantir justice, équité et collaboration gagnante. Que dire alors de l'article 833 du code civil: "Toute société doit avoir un objet licite et être constituée dans l’intérêt commun des associés"…. une définition pour le moins restrictive de l'entreprise! L'article oublie de nombreux acteurs concernés par cette dernière si l'on s'en tient à la définition juridique du terme "associés". De plus en plus de chefs d'entreprise sont conscients des limites de l'approche strictement capitalistique de l'entreprise. Le CJD, Centre des Jeunes Dirigeants, réfléchit à l'entreprise de demain comme un acteur essentiel dont la performance globale permettra la transformation de l'économie. Dans "Osons diriger notre entreprise autrement" on peut lire : " Au CJD, nous agissons pour prouver que la compétitivité qu’impose le sys¬tème libéral n’est pas incompatible avec la responsabilité, et que c’est même tout le contraire. Nous parlons de Performance Globale, performance économique, bien sûr, mais également sociale, environnementale et sociétale." Une approche nouvelle de l'entreprise émerge et l'ingénieur en activité comme cadre dirigeant ou comme chef d'entreprise peut jouer un rôle dans l'expérimentation et le développement de modèles d'entreprises préparées pour le futur et créatrices de valeurs pour leurs parties prenantes.

En effet, l'entreprise se développe au sein d'un écosystème ou elle est en interaction avec de nombreux éléments d'environnement. Les stratèges inspirés par les travaux de Michel Porter ont coutume de prendre en compte cinq interactions dans leur approche de l'entreprise, à savoir: les concurrents directs, les clients, les fournisseurs, les nouveaux entrants potentiels sur le marché, les produits de substitution. Certains ajoutent les pouvoirs publics. On est loin du compte, il faudrait ajouter la planète, les espèces animales, les citoyens, la société, l'air, l'eau.... L'enjeu est de piloter l'entreprise dans son activité de création de valeur globale avec une vision élargie des interactions entre elle-même et les parties prenantes. Dans cette optique, comme l'écrit Philippe Détrie dans "L'Entreprise Durable" : "L'entreprise/organisation du XXIe siècle pour être durable doit être efficace. Mais elle doit aussi répondre aux attentes de plus en plus fortes de ses salariés et de la société civile. Le capital confiance d'une entreprise se construit dorénavant par la poursuite simultanée de quatre finalités : l'utilité à la société, la satisfaction de ses clients/usagers/adhérents, la performance pour ses propriétaires (actionnaires, État, adhérents...) et l'accomplissement de ses salariés/agents dans leur travail."

Les technologies et l'innovation
"Une entreprise pour survivre doit innover"... combien de fois lit-on ou entend-on ce qui est devenu une incantation sur ce que certains appellent l’autel du toujours plus. Et pourtant, l'innovation c'est l'Homme. Depuis le silex taillé qui prolongeait son bras jusqu'au smartphone qui prolonge son cerveau, l'Homme n'a cessé d'imaginer, de concevoir, de réaliser et de faire évoluer les technologies et les usages associés.
Homme, innovation et technologies sont indissociables et le pouvoir de ces dernières n'a jamais été aussi grand. La réalisation des rêves les plus audacieux est envisageable ce qui met l'ingénieur face à une grande responsabilité, à savoir celle de créer de la valeur globale en utilisant au mieux les technologies.


Des méthodes existent, d'autres sont à inventer, pour avancer dans cette voie et prendre en compte la création de valeur globale dans la conception des produits et des services. Citons en quelques unes :
• L'analyse fonctionnelle pour prendre en compte l’interaction d'un produit avec les parties prenantes de son environnement. Méthode ancienne souvent négligée, peut-être à réinventer.
• L'éco-conception pour prendre en compte l'impact environnemental dans la conception
• Cradle to cradle ou comment recycler les produits à l'infini.
• Innovation Jugaad ou comment utiliser judicieusement les technologies pour faire plus avec moins (innovation frugale).

Former des Ingénieurs créateurs de valeur globale
Que retenir de l'observation des institutions de formation d'ingénieurs de par le monde ? Tout d'abord que l'ensemble de la communauté des organismes de formation a pris conscience des enjeux sociétaux et sociaux liès au rôle de l'ingénieur. Ensuite que le discours humaniste, qui était précurseur il y a 60 ans lors de la création de l'INSA, est maintenant largement partagé mais avec des réalités différentes : l'actualité et les travaux des prospectivistes montrent que les défis auxquels devront répondre les générations futures sont tels que ne pas y répondre reviendrait à programmer la disparition de la vie sur terre.

L'ingénieur transforme le monde grâce à sa capacité à imaginer, concevoir et mettre en œuvre des systèmes techniques (technologiques), et ce pouvoir lui donne plusieurs responsabilités :
• Oser explorer les possibles de manière responsable
• Devenir acteur leader éclairé de la transformation des entreprises et de la société par la science et la technologie
• Conduire cette transformation de manière collective, interculturelle et interdisciplinaire
• Prendre en compte toutes les parties prenantes de l'écosystème socio-économique et écologique dans lequel nous évoluons.

Comme l'écrit Michel Faucheux, professeur à l'INSA Lyon, dans son article sur l'Humanisme de l'Ingénieur publié par l'Institut Gaston Berger : "C’est à une réinvention exigeante de l’humanisme que nous sommes conviés".

 #Regard de Patrice HEYDE (LY GP 1975)

 

Références et lectures pour aller plus loin :
• Sapiens, une brève histoire de l'humanité -Yuval Noah Harari et Pierre-Emmanuel Dauzat -Albin Michel 2015
• Homo Deus, une brève histoire de l'avenir -Yuval Noah Harari et Pierre-Emmanuel Dauzat -Albin Michel 2017
• Osons diriger notre entreprise autrement -CJD
• L'entreprise durable-Philippe Détrie -DUNOD 2005
• L'Entreprise libérée: Comment devenir un leader libérateur et se désintoxiquer des vieux modèles -Isaac Getz -FAYARD 2017
• Cradle to cradle. Créer et recycler à l'infini -Michael Braungart -2012
• Innovation Jugaad. Redevons ingénieux ! -Navi Radjou -2013
• L’humanisme de l’ingénieur-Michel Faucheux -Institut Gaston Berger -2018
https://www.footprintnetwork.org/
https://www.notre-planete.info


 

Le #Projet de Loi Pacte : une opportunité ?

 

 

Le projet de Loi Pacte qui sera présenté prochainement en Conseil des Ministres place la finalité de l’entreprise au centre du débat. Les recommandations, comme les réactions multiples qu’elles ont suscitées, mettent en lumière un constat majeur. L’entreprise, au coeur de la société, en est à la fois un des acteurs et le miroir. Les questions que chacun se pose aujourd’hui la concernant reflètent les évolutions historiques de ces dernières décennies. Oui, c’est urgent : la France doit s’adapter. Se mettre à niveau (pour certains) et montrer la voie (pour d’autres). Ceci pas seulement sur le plan juridique, mais aussi et surtout, sur le plan philosophique. L’entreprise a bel et bien une raison d’être autre que celle de s’enrichir. Elle n’est pas le bien de ses seuls dirigeants et actionnaires, mais celui de la collectivité avec laquelle elle interagit dans une relation de responsabilité. La grande majorité des Français partage cette vision. Les dirigeants d’entreprises, aussi. On attend donc désormais le cadre législatif qui nous permettra d’avancer. Dans ce mouvement, les PME déjà engagées sur cette voie doivent jouer à fond leur rôle de pionnier et ne pas hésiter à choisir et à revendiquer un statut spécifique. Montrer l’exemple.

 

Contraindre les grands, soutenir les pionniers
Dans leur rapport, Nicole Notat et Jean-Dominique Senant proposent une modification des articles 1833 et 1835 du Code Civil et la création d’un statut d’entreprise à mission que chacun pourrait choisir librement. Faire entrer dans le Code Civil la notion de responsabilité sociétale et environnementale de l’entreprise semble être une évidence, à l’heure où le capitalisme familial, puis sa financiarisation extrême, font ou devraient faire figure de vestiges du monde passé..

L’entreprise est un bien commun, intégré dans son environnement, et non pas la seule propriété de quelques-uns ou de ses actionnaires. Elle n’existe que dans le contexte dans lequel elle se situe : son secteur d’activités, son marché, son écosystème, ses parties prenantes, la cité, etc. Considérer que son unique finalité serait de créer du profit au bénéfice de quelques-uns est un point de vue dépassé qu’il faut corriger, y compris par la contrainte. Pour gagner, l’entreprise doit d’abord donner.

Inscrire cette dimension commune -sociale et environnementale- dans notre Code Civil créerait une contrainte. Un cadre juridique large s’imposant à ceux qui ont montré leur difficulté à progresser, autrement qu’avec une forme d’obligation. Les grands groupes qui ont la capacité de franchir ce pas et ne le font pas se verraient ainsi contraints d’avancer. A l’opposé, les entreprises déjà engagées sur cette voie devraient avoir la possibilité de poursuivre et d’accélérer leur transformation en optant pour un statut spécifique.

De tels statuts ont vu le jour, depuis quelques années, aux Etats-Unis, mais aussi dans certains pays européens, comme l’Italie. Leur forme et les obligations en découlant doivent bien sûr être très précisément étudiées. S’il s’agit d’un statut de type entreprise à mission, celui-ci doit permettre aux entreprises pionnières de poursuivre ce dont elles se sont auto-investies-ouvrir la voie vers un capitalisme corrigé-et d’en tirer les fruits en étant plus attractives pour leurs parties prenantes.

Il ne s’agit pas de promouvoir les bons élèves et de stigmatiser ceux qui sont à la traîne, quelles qu’en soient les raisons. Mais bel et bien d’inciter les premiers de la classe à s’investir encore plus, à montrer l’exemple, et de tirer vers le haut ceux qui sont à la peine ou qui jouent les cancres.

Quelle est la raison d’être de l’entreprise ?
Le rapport remis à Bruno Le Maire propose aussi que l’entreprise définisse sa “raison d’être” dans son objet social et que, par là même, le conseil d’administration se prononce sur les objectifs globaux de l’entreprise qu’il gère. Ce qui était communément admis jusqu’à maintenant, est que la finalité de l’entreprise était de créer de la richesse, à partager entre soi. Aujourd’hui, nous sommes de plus en plus nombreux à considérer que la richesse n’est pas une fin, mais un moyen. Et que la finalité de l’entreprise, c’est de créer des relations humaines heureuses. Ce qui est important, c’est de partager les fruits de la croissance entre toutes les parties prenantes. La première raison d’être de l’entreprise, quelle qu’elle soit, c’est le partage. Celui-ci découle de la notion de bien commun. C’est parce que l’entreprise doit être considérée comme un bien commun qu’elle doit être partagée au bénéfice de tous. Cette volonté de donner du sens à ce que nous entreprenons séduit de plus en plus les entrepreneurs, les jeunes, les citoyens... Elle sera bientôt l’un des leviers majeurs de l’attractivité d’une entreprise. La vision dont elle est porteuse, sa façon de travailler, son modèle social, sa logique de partage et de transparence, le respect de ses concurrents et de l’ensemble des parties prenantes joueront un rôle déterminant dans la vie de l’entreprise et dans sa croissance. Y compris auprès de ceux qui semblent à priori les moins enclins à rejoindre les acteurs de cette révolution philosophique et sociétale : les financiers, via les sociétés d’investissement. Au-delà de la rentabilité d’une entreprise, ceux-ci intègrent de plus en plus sa vision dans leurs critères d’analyse. Une opportunité pour les PME ou pour les start-up avant-gardistes.

 

#Regard de Renaud SORNIN (LY GCU 1993)

Président et Co-fondateur d'Attestation Légale. Président Délégué de Lyon French Tech


 

#L’entreprise Humaniste pour quoi faire ?


Se déclarer humaniste c’est vouloir le bien des humains. La Société Anonyme a escamoté la notion d'humain. Elle a sa personnalité juridique, elle appartient certes à des personnes, mais celles-ci sont interchangeables, la « SA » demeure, les individus passent. Ce statut est bien utile à l’entreprise puisqu’elle la met à l’abri de la fragilité de la condition humaine, mais il porte en germe la perte de sens : la « SA » existe pour elle-même et non plus pour les hommes et les femmes qui la font, ses clients, ses salariés, actionnaires et dirigeants. Au vu des évènements récents, on se rend compte que ce risque est bien réel, la perte de sens ouvre la voie à toutes les dérives et si la « chose » anonyme ne sert plus l’humain elle finit par être l’instrument de la folie de quelques individus avisés.

La population des ingénieurs se cantonne, à mon avis, un peu trop dans une attitude passive recherchant la sécurité de l’emploi en priorité et s’engageant peu dans l’aventure et les risques de l’entrepreneur. Pourtant, le rôle le plus noble de l’ingénieur est celui d’entrepreneur et de créateur.
Une entreprise humaniste à résultat garanti EHRG : ça sonne bien et donne l’impression d’être à l’opposé d’une SARL (Société Anonyme à Responsabilité Limitée). C’est comme si on opposait l’être humain avec son engagement fort, à la « Chose » anonyme qui n’assume que le minimum. Bien sûr, c’est un raccourci abusif que de comparer les termes qui composent les sigles, mais si les mots ont un sens, il est instructif de les analyser pour découvrir la réalité cachée.

Alors une Entreprise Humaniste c’est une belle idée, même si elle prend la forme juridique d’une SARL ou d’une SA (Société par Actions), on voit qu’il est plus qu’indispensable de rappeler constamment que le but de toute Société, c’est bien l'être humain.
Cette entreprise serait au service des hommes et non l’inverse. Son organisation devrait garantir la rentabilité, donc sa survie, ainsi que l’exercice d’une vraie démocratie pour tous les salariés. Elle devrait éviter les clivages et les affrontements internes. Elle devrait favoriser les contacts avec les écoles d’ingénieurs, techniques et de commerce. Elle devrait s’intégrer harmonieusement dans le tissu industriel existant et coexister avec les organisations actuelles.

Et le résultat garanti ? Comment garantir un résultat dans un monde réel ou rien n’est garanti ? D’ailleurs, l’objet de toute entreprise, c’est bien d’entreprendre, de partir pour une aventure qui a un but rêvé, mais qu'on sait pleine de périls, de péripéties et avec une fin pas toujours heureuse. Le risque et une existence limitée sont le lot de la condition humaine et l’entreprise, qui est faite par des individus, ne peut prétendre y échapper sauf à trahir l’Homme. Il ne s’agit donc pas de garantir ce qui ne peut l’être, mais de garantir la prise en compte des besoins essentiels de chaque participant à la « Société ». Cette solidarité de chacun pour le bien de tous se retrouve déjà dans les statuts des entreprises mutualistes ou les SCOP, mais il n’y a aucune raison qu’elle ne vienne pas enrichir le statut d'une SARL ou SA banale, pour son plus grand bien, en évitant les dérives fatales à l’origine de la « Crise » de 2008 et de toutes les crises similaires.

A y regarder de plus près, le Résultat Garanti est bel et bien présent dans le fonctionnement des Sociétés par Actions, cotées en Bourse. Les dirigeants de ces entreprises se soumettent tous les ans, voire tous les trimestres, au rituel des résultats et des prévisions : ils sont tenus de prévoir ou de promettre ce que sera leur avenir à court terme, et gare au président d’une société cotée qui se risque à ne pas faire de prévisions… ! Pour investir, la bourse demande des résultats garantis. De même, les créanciers obligataires font confiance aux fameuses agences de notation pour évaluer la solidité des garanties qu’offrent les sociétés emprunteuses sur le marché obligataire.
On sait que ces garanties ne valent pas plus que la vertu des hommes qui font les déclarations et les évaluations, l’avenir n’appartient à personne, mais la vertu comme la définissait Socrate appartient à l'Etre Humain, elle fait toute la différence entre les individus et les sociétés qui la valorisent et celles qui l’ignorent. Remettre de l’humanisme là où le vertige des chiffres a balayé toute humanité résume l’EHRG, et si la tâche est ambitieuse, elle n’est pas utopique, ou alors il s’agit d’une utopie bien raisonnable au vu des excès délirants commis récemment sous couvert d’anonymat et d’irresponsabilité.

La charte des EHRG en 4 articles :

Article 1 
Le but de cette charte est de définir les règles d’organisation et de fonctionnement des entreprises humanistes à résultat garanti du futur.

Article 2 
Cette charte tracera une voie suffisamment large et ouverte pour que les idées qui la composent puissent trouver une application concrète qui tiendra compte de la spécificité de chaque entreprise et de chaque activité.

Article 3
Par une démarche volontaire nous souhaitons valoriser la mission de l’ingénieur dans l’industrie et donner à tous les salariés la possibilité d’agir en entrepreneur. Nous souhaitons également que l’entreprise soit au service des hommes et non l’inverse.

Article 4 
Les règles de fonctionnement de l’entreprise doivent garantir :

1. la rentabilité, donc la pérennité de l’entreprise
2. la bonne satisfaction des besoins des clients
3. l’exercice d’une vraie démocratie
4. l’adhésion de chaque salarié aux projets de l’entreprise
5. l’existence d’un processus d’amélioration continue à travers toute l’entreprise avec la promotion de l’honnêteté et du bon sens
6. une organisation hiérarchique et administrative simple, légère et flexible
7. l’enrichissement des connaissances individuelles
8. le développement technologique et l’innovation
9. l’amélioration de la qualité de vie de chacun de ses acteurs
10. l’intégration des jeunes par un contact permanent avec les écoles
11. une bonne intégration dans le tissu économique et industriel existant la préservation de l’environnement et de la sécurité des biens et des personnes

 

#Regards de Jean-Paul BOY (LY GMC 1973) et René MULLER (LY GME 1976)

Extrait du Livre "L'Entreprise Humaniste à Résultat Garanti", de Jean-Paul BOY ; avant-propos de René MULLER.