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24 novembre 2021
Réseaux professionnels

Femmes Ingénieures et IESF déchiffrent l'enquête annuelle

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L’association Femmes Ingénieures, membre d’Ingénieurs Et Scientifiques de France, réalise tous les ans une analyse comparée femmes-hommes spécifique, basée sur l’étude sectorielle annuelle publiée par IESF.

Il en ressort que la situation professionnelle reste très positive en 2020 :

  • plein emploi et un 1er poste obtenu plus rapidement que dans bien d’autres métiers,
  • 72% des femmes ingénieures n’ont jamais connu de période de chômage depuis le début de leur carrière.

« Les premières analyses montrent que la crise sanitaire a eu peu d’impact sur les salaires et le niveau d’emploi, mais que par contre les ingénieures en recherche d’emploi et en particulier de leur premier emploi ont eu plus de mal à s’insérer professionnellement. Nous pensons qu’un rattrapage devrait s’opérer prochainement. » précise Aline Aubertin, Présidente de l’association Femmes Ingénieures.

L’Enquête IESF donne un état des lieux socio-économique grâce au plus de 50 000 diplômés qui répondent à la sollicitation qui leur est faite fin janvier. La précision des résultats est assurée par un croisement des réponses avec des bases statistiques institutionnelles de population (INSEE) ainsi que des chiffres de répartition des diplômés par école.

« En plus de la photographie annuelle qui donne une image figée dans le temps, l’analyse de l’évolution des questions et des réponses depuis la première version de cette Enquête en 1958 permet de voir le film de l’évolution de nos secteurs d’activités sur deux générations. C’est ainsi que l’on peut constater que l’apparition des premières questions concernant la féminisation de la profession apparaissent à la fin des années 1960 et que depuis 2005 cette question fait l’objet d’un volet spécifique de l’étude publiée. » explique Jean Dambreville INSA LYON IF 1992, Délégué Général IESF.

Pourtant  un siècle auparavant le compte-rendu du 4 mars 1848  de la première réunion du Conseil d’Administration d’IESF indique : « M. Goubeaux, en sa qualité de membre d’une commission nommée par M. le maire de Paris pour étudier l’organisation de l’enseignement gratuit et professionnel des femmes, a demandé à la Société de vouloir bien formuler ses idées touchant l’introduction dans cet enseignement des notions scientifiques et industrielles que réclame l’état actuel de notre civilisation. »

L’association Femmes Ingénieures note que le nombre de femmes ingénieures a certes fortement augmenté ces 40 dernières années et elles représentent près d’un quart (23%) de la population des ingénieurs en 2020, mais cette proportion n’a augmenté que de 5 points ces 10 dernières années). Sur le marché de l’emploi, les femmes ingénieures sont plutôt favorisées, puisque le taux de chômage est inférieur à 5%, contre 9% pour l’ensemble des femmes françaises.  (Source Insee).

Si elles sont présentes dans de plus en plus de secteurs industriels et que les écarts de salaire Femme/Homme diminuent dans certaines tranches d’âge, les différences persistent. Les associations telles que Femmes Ingénieures ont toujours un rôle majeur à jouer pour promouvoir et soutenir les femmes de la profession. Elles représentent près de 30% des ingénieurs de moins de 30 ans, alors qu’elles représentent moins de 15% des ingénieurs de plus de 50 ans. La moitié des femmes ingénieures a moins de 35 ans. 

De façon générale, le taux de chômage des femmes Ingénieures est de 4.1%, soit 1 point de plus que l’ensemble de la population des ingénieurs. Il est plus faible de 60% par rapport au taux moyen de la population française (9% sur la période). On peut parler de plein emploi pour les femmes Ingénieures.

Elles travaillent principalement dans la recherche, la conception ou à la réalisation d’études spécifiques. Les métiers de la production viennent ensuite et regroupent environ 23% d’entre elles. Le conseil technique représente la 3ème activité dominante. Elles sont très présentes dans l’enseignement et l’administration, elles restent sous-représentées dans les fonctions de direction générale (à peine 10%) et les activités liées aux systèmes d’informations, avec 17% de femmes ingénieures.

Les jeunes diplômées sont plus présentes que leurs aînées dans les secteurs comme l’industrie agro-alimentaire, l’agriculture ou encore dans les sociétés de service, les métiers liés à l’environnement (eau, assainissement et dépollution).

Ces secteurs sont également ceux où les salaires médians sont les plus bas et où les différences de rémunération Femme/Homme sont les plus fortes. À l’inverse, les secteurs les plus rémunérateurs sont aussi les moins féminisés : électricité, gaz, industries extractives & raffinage, équipements électriques, spatial, produits électroniques, informatiques & optiques.

L’étude montre que ces différences sont inscrites dès le début de carrière : seulement 21% des femmes de moins de 30 ans ont des responsabilités (gestion d’équipe, responsabilités financières ou budgétaires), contre 25% des hommes. Dans la tranche 40-49 ans, l’écart passe de 4 à 13%.

À noter que les entreprises du secteur des sociétés de service et édition de logiciels ont du mal à recruter des femmes. Les raisons peuvent entre autres être dues aux salaires, avec un écart de salaire de 13% en défaveur des femmes ingénieures, et/ou à des environnements de travail peu attractifs.

 

Jean Dambreville

Délégué Général IESF

INSA Lyon IF 1992

 


 

Aline Aubertin

Présidente Femmes Ingénieures

CPE Lyon 1987




 

 

 




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